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Consommation

mardi 31 août 2010

Les relevés de prix des fruits et légumes font encore une fois la Une !


Encore un été avec une annonce tonitruante sur l’augmentation des prix des fruits et légumes. C’est l’association de consommateurs Familles rurales qui a donné le coup d’envoi suivi de quelques jours par le magazine de l’INC, “60 millions de consommateurs”. Pour la première, l’annonce est récurrente, puisque son observatoire existe depuis 2007 : « Nous notons une hausse de 11 % des prix des fruits et de 5,5 % pour les légumes. » Interfel rétorque : « 2009 a été marquée par des prix exceptionnellement bas jusqu’à devenir parfois inférieurs aux coûts de production » et estime que « toute comparaison entre les prix de cette année et 2009 est donc à prendre avec précaution » et son président Gilles Vignaud s’insurge : « Cette publication met gravement en péril les professionnels (..) déjà fortement fragilisés. » Familles rurales a par ailleurs axé son discours sur les prix de 8 fruits et 8 légumes bio. « Nous constatons une augmentation de 70 % des prix des produits bio comparés au conventionnel. Autant dire que la consommation bio n’est pas destinée à toutes les familles, s’indigne Thierry Damien, le président de Familles rurales. Et dans la majorité des cas, l’étude souligne que les produits bio importés coûtent moins chers que ceux d’origine française. » Suite à ces conclusions, Familles rurales « souhaite davantage de transparence quant à la fixation des prix et estime que la Loi de modernisation de l’Agriculture (LMA), promulguée fin juillet, n’apportera pas la transparence sur les prix et les marges. Le but c’est de conserver cette opacité », a-t-il martelé. Si Familles rurales a mis en avant certaines grandes disparités de prix, cette enquête soulève quelques interrogations. La première porte sur les lieux de relevés, leur nombre est faible (38 départements, 81 veilleurs) comparé à d’autres relevés de prix organisés à l’échelle nationale (Interfel indique faire appel au « très sérieux » Kantar Worldpanel pour un relevé des prix à la consommation des f&l auprès de 12 000 ménages, NDLR). Thierry Damien temporise : « Même si l’on est très loin de l’observatoire national des prix et des marges en nombre de relevés de prix, la crédibilité de notre action, c’est son inscription dans le temps, car les relevés sont effectués toujours au même endroit, ce qui confère une situation assez proche de celles des familles françaises. » Pour autant, Familles rurales occulte de grands bassins de consommation tels que les régions parisienne, lyonnaise et PACA, ceux-ci n’ayant pas fait l’objet de relevés de prix. D’autre part, certaines productions mentionnées avec précision par l’association de consommateurs ne sont tout bonnement pas présentes sur les étals durant les deux semaines de relevés. C’est le cas notamment de l’abricot Bergeron, une variété dite tardive que l’on ne retrouve sur les marchés qu’à partir de la deuxième moitié de juillet. Le SNM ne relève des prix au détail pour cette variété qu’à partir du 13 juillet, soit la semaine suivant celle des relevés de prix de Familles rurales. Pour la poire, Familles rurales relève des prix en origine France, or, la poire Conférence n’est quasiment plus présente en semaine 24 (juin) et semaine 28 (juillet). Selon les données Agreste, à fin juin, ne restait en stock que 10 t de Conférence françaises et seule une centaine de tonnes est sortie des frigos courant juin (des tonnages faibles sur une semaine pour un relevé de prix dans 38 départements…). Le SNM ne relève aucun prix de poires Conférence tant en semaine 24 qu’en semaine 28. Tout au plus voit-on apparaître de la Guyot en semaine 28… Il reste donc un pan entier d’observation des prix pour la filière f&l afin que chacun puissent prendre la mesure des évolutions de prix de manière objective. Il n’est en effet pas précisé les effets des aléas climatiques sur les produits sélectionnés, alors que toute la filière a martelé plusieurs semaines consécutives de nombreux retards dans les cultures, ce fut notamment le cas en melon dont les prix selon Familles rurales auraient augmenté de 60 % cette année. Par ailleurs, toujours sur la notion de prix et de pouvoir d’achat, l’enquête réalisée par “60 millions de consommateurs” relève une hausse du prix des fruits de 14 % entre juin 2009 et juin 2010 et estime que cette augmentation a grévé le pouvoir d’achat des Français en les plaçant à la même échelle que le pétrole et le tabac. Il est à noter que l’article de “60 millions” ne fait aucunement référence à la période de crise qu’a traversée la filière, renforçant le prix des fruits et des légumes en 2009 et encore moins aux aléas climatiques du printemps 2010, alors que la note de l’Insee à laquelle il se réfère le mentionne : « la hausse des prix des fruits frais se poursuit en juin 2010 (+ 9,3 % ; + 15,7 % sur un an ; - 1,7 % en juin 2009), en raison de difficultés de production et d’aléas climatiques. De façon saisonnière, les prix des légumes sont en baisse (- 9,1 % ; + 8,6 % sur un an ; - 7,5 % en juin 2009). »




Anne-Solveig Malmasson
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mardi 31 août 2010

Les réactions

La FNPF réagit à l’étude sur la qualité des fruits

La FNPF se désole de la com’ diffusée à propos de la qualité des fruits et estime qu’il s’agit de « sondages peu représentatifs, faisant fi des réalités ». La FNPF annonce le lancement de produits identifiés Fruidissi (cf. Corse : lancement en beauté de Fruidissi).

La CR répond à la CLCV
La Coordination rurale conteste l’analyse de la CLCV sur la qualité des fruits et le “peut mieux faire”. « Les produits sur le marché sont la conséquence directe de la demande des clients : des fruits manutentionnables pour la GMS et peu périssables pour le consommateur qui ne souhaite acheter qu’une fois par semaine. (..) Les professionnels ne pourront jamais apporter des fruits standardisés. Exiger cela des producteurs prouve à quel point ceux qui ont réalisé cette enquête ne connaissent pas grand-chose aux fruits. »

La Fnab écrit aux assoc’ de consommateurs
Le 26 août, la Fnab s’est fendue d’une lettre ouverte aux assoc’ de consommateurs pour lutter contre l’idée reçue du bio comme un luxe. « La dernière étude (prix des f&l bio comparés au conventionnel, NDLR) publiée par Familles rurales sans aucune concertation préalable et dans le cadre d’une méthode clairement contestable en est un excellent exemple. » La Fnab travaille à ce jour avec les GMS sur «la construction des prix pour assurer une juste rémunération au producteur et un juste prix au consommateur» et ajoute que les études de prix peuvent être le point de départ d’un travail d’analyse.

Biocoop, une étude courte donc peu significative
Le réseau Biocoop invite les consommateurs à mieux comprendre le marché des f&l et estime que l’étude de Familles rurales doit être pondérée. « La période de comparaison de prix est trop courte et donc pas significative. Une enquête portée sur une saison complète pendant 2 ou 3 ans eut été plus pertinente. »





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