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Midi-Pyrénée-/Aquitaine

mardi 08 juin 2010

Les producteurs de Lectoure-Nérac pourraient renoncer à l’IGP


Les changements dans les démarches d’obtention ont fini par lasser les melonniers de Lectoure et de Nérac. En cause, une frontière administrative invisible.

Voilà plus de cinq ans que les producteurs de melons de Lectoure (Gers) et Nérac (Lot-et-Garonne) ont entamé une démarche pour obtenir une IGP. Détenteurs d’une CCP (Melon Saphir) depuis juin  2004, il leur semblait que l’IGP était une suite logique pour pouvoir mettre en avant le nom de leurs terroirs de production. « Entre-temps, les démarches d’obtention de l’IGP ont changé, puisque la CCP n’est plus obligatoire, et la commission de l’INAO est restée longtemps sans responsable. Tout cela finit par lasser, reconnaît Pierre Faval, directeur de la coopérative Cadralbret, à Nérac. Mais ce qui nous a surtout découragés, c’est le fait que la première commission INAO qui est venue sur le terrain nous a fait savoir que notre dossier était tout à fait correct, mais irrecevable car les deux historiques des melons de Lectoure et de Nérac n’étaient pas les mêmes. Ce qui semble évident, vu que ces deux terroirs, bien que situés à une dizaine de kilomètres, sont dans deux régions administratives, Aquitaine et Midi-Pyrénées. Administrativement, ils ne peuvent donc pas avoir d’historiques communs. Or, pour l’IGP, il faut un seul historique. Sinon, nous sommes obligés de demander deux IGP, une pour Lectoure, l’autre pour Nérac, ce qui n’est pas du tout notre propos et compliquerait les choses s’il fallait avoir deux emballages différents. »
Un même terrain argilo-calcaire, des caractéristiques pédologiques et climatiques identiques, des variétés sélectionnées en commun et un cahier des charges unique ne suffisent donc pas à considérer cette production comme uniforme, car partagée en deux par une frontière administrative invisible. « L’INAO nous propose aussi d’éliminer l’un des deux termes, mais cela ne nous plaît pas et pourrait heurter la sensibilité de ceux dont le nom ne serait pas retenu, poursuit Pierre Faval. Enfin, nous avions pensé à la dénomination “Melon de Gascogne”, mais elle a été rejetée car il n’existe pas d’historique du produit sous cette appellation. »

Une marque commerciale plus forte
Du coup, les producteurs ne savent pas s’ils vont poursuivre leur démarche. « En ce qui nous concerne, nous avons créé une appellation Lectoure-Nérac, que nous jumelons avec notre marque d’entreprise Bosoleil, poursuit-il. On nous demande de prouver historiquement que les deux noms accolés existent… Pour notre part, nous utilisons cette dénomination depuis trois ans sur tous nos emballages, nos stickers, nos supports publicitaires, etc. »
Deux expéditeurs restent impliqués dans la démarche d’identification du melon Lectoure-Nérac. La coopérative Cadralbret qui a repris, en 2007, la branche “melon” de sa consœur Alinéa, de Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne), tout d’abord en assurant la commercialisation des produits durant la première année, puis en accueillant les adhérents producteurs, qui bénéficient depuis 2008 de son suivi technique ; puis Coop de Fieux, à Nérac, partie prenante, dès le début de la démarche CCP-IGP, mais qui n’a pas validé la CCP Saphir, car elle était déjà en certification Covapi, et utilise aujourd’hui la dénomination “Nérac”. Les deux structures produisent chacune 2 000 à 2 500 t par an, soit 4 000 à 5 000 t concernées par l’identification.
« Nous allons décider ensemble si nous poursuivons vers l’IGP, conclut Pierre Faval. Cette année, nous attendons et continuons à asseoir nos propres marques. Il faut voir si l’IGP apporte toujours quelque chose ou s’il vaut mieux travailler sur une marque commerciale forte, plutôt que sur un SIQO (Signe d’identification de la qualité et de l’origine) qui n’est pas connu du consommateur. »




Florence Jacquemoud

Identification

mardi 08 juin 2010

Vive le sticker

« Nous avons encore la chance d’utiliser des stickers pour identifier nos melons, indique Pierre Faval de Cadralbret. Cela nous permet d’établir un relationnel entre expéditeur et client final, et d’atteindre l’objectif du réachat. Tous nos melons sont en culture raisonnée, avec un taux de sucre garanti. Notre but n’est pas de proposer des produits très haut de gamme, mais 70 à 80 % de notre production en une bonne catégorie 1. »





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