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Procès MDRGF/FNPRDT

mardi 12 janvier 2010

Les producteurs de raisin de table satisfaits de leur comparution


La semaine dernière, la Fédération des producteurs de raisins de table (FNPRDT) était appelée à comparaître. René Reynard s’avoue satisfait. Délibéré le 10 février prochain.

« Cela s’est plutôt bien passé », indique René Reynard, le président de la Fédération nationale des producteurs de raisins de table (FNPRDT) appelé à comparaître mercredi dernier dans le procès pour dénigrement qui l’oppose au Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) à la suite de la publication d’analyses de résidus de pesticides dans du raisin de table.
« Nous n’avons pas contesté l’enquête, indique René Reynard. Nous avons contesté la malhonnêteté de l’opération. Pour l’un des avocats de cette association, la cueillette du raisin de table s’étale de juillet à octobre et puis plus de raisin. Or le SNM cote jusqu’en semaine 48 et en 2008, le raisin était encore en frigo. Le préjudice pour les producteurs a été énorme et la somme de 500 000 euros demandée au titre de dédommagement est comptablement sous-évaluée. »
René Reynard s’en prend également au mode opératoire de l’association : « Des petites ONG, sans moyens [le budget annuel du MDRGF est de 100 000 euros : NDLR] veulent faire de la communication auprès du grand public. Or elles devraient y réfléchir à deux fois avant de lancer des informations erronées et mesurer les conséquences de leurs effets d’annonce. Je veux bien croire que le MDRGF n’ait pas voulu atteindre les producteurs de raisin de table. Mais ils en ont payé un lourd tribut. Nous nous sommes donc défendus car ce sont eux qui nous ont attaqués avec des arguments tronqués. »
Aux associations qui revendiquent le “droit à l’information ” René Reynard a une réponse toute prête : « La FNPRDT n’a pas attendu ce procès pour avoir accès à la presse régionale, nationale, au micro ou à l’antenne. En revanche, nous revendiquons également un véritable droit à l’information sur la base d’éléments qui ne soient pas tronqués et qui affolent les consommateurs. » L’affaire a été mise en délibéré au 10 février prochain.
Néanmoins, René Reynard et l’avocat des producteurs de raisin de table, le Bâtonnier Patrick Gontard, fourbissent déjà leurs armes : « S’il le faut nous démonterons le plaidoyer de Maître Faro, un des avocats du MDRGF. Nous aurons tous les moyens pour répondre à ces attaques et démontrer qu’il y a bien eu dénigrement. Il faut s’attendre à de nouveaux développements dans un souci objectif du consommateur. »




Catherine Brunner

mardi 12 janvier 2010

Procès MDRGF/FNPRDT : les réactions...

• A Draguignan, une manifestation a réuni mercredi une poignée d’adhérents de l’association Bio Consom’acteurs venus apporter son soutien au MDRGF. « Ici ça ne touche pas le porte-monnaie, mais la liberté d’information. Nous sommes en droit de savoir ce que nous consommons », a indiqué la vice-présidente de l’association.
• A Paris, devant le tribunal administratif, une cinquantaine d’écologistes distribuait des tracts pour dénoncer un slapp : un acronyme américain (statégic lauwsuits against public participation) qui évoque une poursuite abusive dans le but de museler l’opinion.
• Dans un communiqué, la FNAB écrit : « aujourd’hui le lobby de la pétrochimie qui faisait pâle figure lors du Grenelle de l’environnement, revient en force en niant en bloc les vérités qui ont vu le jour. Par ce procès et au vu de la somme demandée, la FNSEA (et sa filière économique spécialisée FNPRT) montre combien elle est liée et au service de ceux qui la financent contre l’intérêt des paysans eux-mêmes et au mépris des changements demandés par les citoyens. »
• Pour la Confédération paysanne (CP) : « la démarche de la FNPRT, manifestement mercantile, est parfaitement regrettable. Elle aurait plutôt été bien inspirée de rechercher le dialogue et d’aider à trouver des suivis de culture qui permettent d’abaisser les traitements des vignes. La CP espère qu’à l’ouverture du procès, elle aura la bonne idée de retirer sa plainte. En tout état de cause, la CP renouvelle son soutien face à cette plainte ridicule qui ne vise qu’à museler le débat sur l’utilisation des pesticides. »
• Enfin, le MDRGF a mis en ligne sur son site une interview de Corinne Lepage, avocate de l’association : « Quand on demande 500 000 euros à une petite association qui a un budget de 100 000 euros, sur une base complètement fantaisiste, puisqu’on lui reproche du dénigrement, alors qu’elle n’a fait que rendre publique une étude communautaire qui ne plaît pas. Est-ce que vous ne croyez pas que c’est une très forte incitation à ne pas recommencer et ne pas dire ce qui pourrait gêner tel ou tel intérêt économique ? » A la question “Craignez-vous de perdre l’affaire ?” Corinne Lepage répond : « J’ai bon espoir. Mais j’ai quelques expériences en matières judiciaires et je ne me limite jamais à des impressions d’audience. J’attends la décision du tribunal. »

(lire aussi le Jus de citron)





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