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Contractualisation |
mardi 26 janvier 2010 |
Les livreurs de McCain tiennent à leurs contrats. Ils y tiennent d’autant plus qu’en fécule, pois de conserve, lin ou chicorée, les indicateurs sont orientés fortement à la baisse. Les négociations toujours très serrées entre l’industriel et le Gappi, qui débutent en décembre pour ne s’achever qu’à la fin janvier, en témoignent. Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas. Reconduits l’an passé, après deux années d’un rattrapage (+ 28 % sur deux ans), les prix des contrats sont en baisse pour la première fois depuis cinq ans. Ils ont été présentés le 22 janvier lors de la dernière assemblée annuelle du Gappi.
La baisse se situe entre 6 et 10 % suivant les variétés. Les tonnages contractualisés baissant globalement de 8 %. « Nous avons maintenu la plupart des systèmes en cours, même si nous y avons apporté des ajustements », a reconnu Jean Bernou, président de McCain Europe Continentale. Il s’agit de la suppression des frais d’approche et de l’instauration de la certification quasiment imposée par McDo. Selon Bernard Lebleu du Gappi, « les pommes de terre livrées à McCain en 2013-2014 devront être certifiées GlobalGap ».
Un manque de visibilité
La crise est passée par là, affectant plus particulièrement la consommation de frites en Grèce et en Espagne ou dans la RHF. « La baisse des prix devrait être encore plus importante en Belgique et en Hollande », a prévenu Jean Bernou en évoquant « une baisse de 12 % d’un marché européen dont les capacités de production sont excédentaires. » Il regrette néanmoins que les producteurs n’aient pas souhaité s’engager sur une année supplémentaire dans les contrats pluriannuels signés pour la première fois l’an passé et qui représentent déjà la moitié des volumes contractualisés. « Faute de visibilité, on ne peut pas aller au-delà de trois ans », a expliqué Eric Delacour, le président du Gappi. McCain est le seul industriel à accepter en Europe une organisation de producteurs négociant chaque année ses contrats. C’est aussi le seul à signer des contrats pluriannuels. Une raison pour laquelle Gappi et McCain sont allés le présenter à Bercy dans la perspective de la future LMA. La filière laitière y a aussi montré beaucoup d’intérêt.
Mais un contrat, c’est un contrat. « Sa signature doit être honorée jusqu’à son terme, a expliqué Eric Delacour. Cette année, certaines filières ne peuvent se targuer d’un tel respect de l’engagement ! » Si le contrat représente une sécurité d’approvisionnement pour l’industriel, il doit être une source de rentabilité pour l’agriculteur qui sécurise une partie de son chiffre d’affaires. De ce côté-là, risques techniques et climatiques, poids du cahier des charges et retournement de marché peuvent jouer de mauvais tours. « Produire des pommes de terre, c’est plus risqué que de planter des céréales ! », a souligné Eric Delacour.
(1) Gappi : Groupement d’agriculteurs producteurs de Pommes de Terre pour l’Industrie McCain.
Un producteur sur trois a répondu à l’enquête lancée par le Gappi en décembre 2009 auprès des 794 producteurs. Agé de 46 ans, il cultive en moyenne une exploitation de 144 ha, dont 32 en pommes de terre. Ils livrent 67 % de leur production à McCain depuis 17 ans. 64 % d’entre eux ont néanmoins d’autres débouchés. Un producteur sur deux irrigue, mais ils ne sont que 22 % à avoir des projets d’investissements. 48 % sont satisfaits de leurs contrats.









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