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Marché bio

mardi 02 mars 2010

Les producteurs bio interpellent les politiques et fustigent une campagne médiatique erronée


« La communication massive sur la croissance du marché et le déficit de production sont en décalage avec la réalité », fustigent les producteurs de f&l bio (Mediterrabio, APFLBB, Bio Loire Ocean, Solebio et Verte Provence), selon le courrier qu’ils ont fait parvenir à plusieurs instances politiques : les présidents de leurs régions (PACA, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Pays de Loire et Bretagne), la directrice de l’Agence bio, le directeur général de FranceAgriMer et le ministre de l’Agriculture. Ils dénoncent notamment la surproduction chronique vécue dès l’été dernier avec certains fruits d’été (abricots, melon…) et cet hiver en salade. « Le bio vécu comme un Eldorado n’est pas le sentiment que nous en avons sur le terrain, a fait remarquer Xavier Hévin, le secrétaire de Mediterrabio. Contrairement à ce qui se dit ou est écrit, il existe une importation certes mais surtout de produits exotiques ou de contre-saison. Après, l’été dernier, beaucoup de productions à bas coût venant d’Espagne par exemple (pêche, abricots…) se sont retrouvées sur les étals des GMS, contre lesquelles nous n’avons pas pu lutter en termes de prix. » Plus que tout, les producteurs de f&l bio dénoncent un manque important de formation des producteurs lors de la conversion. « Nous notons l’arrivée de producteurs en mono-produits et nous nous inquiétons d’une arrivée massive d’hectares en bio cette année. C’est bien beau de dire que les surfaces sont en progression mais il faut accompagner cette mutation, car c’est une façon de cultiver bien différente (il faut en particulier tenir compte des rotations de culture). Si le marché de la restauration collective et commerciale ne se réveille pas, nous allons avoir de gros soucis cette année. » En clair, la politique des chiffres du Grenelle de l’Environnement inquiète les producteurs. Pour accompagner ce courrier, la commission bio d’Interfel a stigmatisé le manque structurel de la production bio française.




Anne-Solveig Malmasson
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